“Peindre dans le désastre"...
Je perçois d'importantes transformations dans le monde contemporain. Mais je n'essaie pas de les traiter de front, d'être un peintre réaliste.
Je préfère les aborder de biais, métaphoriquement, en faisant appel à “l'arsenal" mythologique et culturel que l'histoire nous a légué.
Une coupure s'est produite, un monde s'est perdu, et je m'en sers à la fois pour évoquer le "basculement", le "bouleversement", les "effondrements" dont il est question dans les médias quotidiennement, et aussi pour réinterpréter, déconstruire l'attirail symbolique de ces scènes oubliées. Pendant que je peins, le plus souvent j'écoute/j'entends, soit des émissions traitant de l'actualité, soit un séminaire de Deleuze par exemple, au cours duquel le philosophe cherche sa pensée, l'élabore au fur et à mesure qu'il parle, allant de découverte en découverte, comme j'essaie de le faire moi-même, avec mon pinceau.