« Chaque regard à sa propre vérité, regarde moi je te dirais qui je suis. Visages patibulaires ou miséricordieux sont noyés dans une lueur opaque pour que la mystérieuse lumière ambrée des visages devient oppressante, ses habits de misère ôtés, elle devient clarté.
A vrai dire, j’aurai pu être influencé par la peinture italienne vu que je suis issu d’une famille italienne, non mon regard c’est tourné vers l’Espagne. Ribera et Goya m’ont dérangé la cervelle en bien, mais aussi, naturellement, les expressionnistes allemands à l’instar de Max Beckmann, d’Otto Dix, le norvégien Munch, les gouaches du belge Spillaert, Kathe Kollwitz (ça va de soi), sans oublier les maniéristes comme Pontormo (tiens un Italien) les plus beaux anges de l’histoire de l’Art, les caravagistes…. Goya m’est venu à moi le jour où je me suis retrouvé seul dans la grande galerie » de la peinture noire » du musée du Prado. Je suis devenu raide commun un poteau électrique me tenant à la rambarde, car j’étais porté dans un tourbillon incessant d’émotion affirmant un peintre libre et visionnaire. Le monde de l’Art a basculé dans une nouvelle sphère, génie et rebelle. »
René Péccolo
Un message vocal, encore un appel de ce numéro.
A l’autre bout du fil, une voix inconnue.
Une voix enrouée, chaude avec ce fort accent du sud de la France que l’on reconnait immédiatement.
Je ne connais pas cette voix, c’est René PECCOLO.
Son propos est direct, franc mais son intonation révèle l’extrême sensibilité d’un personnage cabossé par une existence qui ne lui a pas fait de cadeau.
-Si tu dois t’exprimer au sujet de ma peinture, reste fidèle à ce que tu penses vraiment, me dit-il .
Il évoque dans sa thématique la réalité existentielle, les tréfonds psychologiques de l’homme en général, coincé qu’il est entre ses doutes et ses espoirs. La manière dont René PECCOLO détermine l’espace de la toile affirme le sujet principal pour en sublimer l’essentiel.
La visite de son atelier de ROUBAIX est un choc, je découvre une œuvre qui me projette spontanément dans l’univers de Francisco de GOYA entre lumière rituelle et scènes intrigantes. On ne sait pas exactement ce que l’on ressent, ce qui va se passer. Les personnages sont saisissants de lumière, leurs postures et regards nous interrogent sur le sens profond des travaux de PECCOLO. Je sais que j’aurai besoin de temps pour lever le voile. Je sais aussi que cette œuvre n’est pas un produit décoratif consommable mais bien une signature : PECCOLO.
